Cameroun :les conditions carcérales inhumaines.

Des prisons construites avant l’indépendance, une surpopulation carcérale et des conditions de vie pitoyable.
Voilà ce qui en reste de nos prisons actuellement ;

A  ce jour le CAMEROUN compte 10 prisons centrales ,50 prisons principales et 18 prisons secondaires. Ceci étant les statistiques du ministère de la justice a évalué en 2015 la population carcérale s’élève à 27982 détenus pour une capacité d’accueil de 17815. Les prisons accueillent en général trois catégories de personnes : les personnes en détention provisoire, celles faisant l’objet d’une condamnation ; celles retenues à l’issue d’une mesure de garde à vue administrative .Lors des visites dans les lieux de détention , l’on y trouve souvent et très régulièrement des prévenus dont le séjour  carcéral avait largement dépassé les limites prévues par cet encadrement juridique .A l’observation ,il s’avère que les délais excessivement longs de détention provisoire est des principales causes de la surpopulation dans les prisons camerounaises.

 

Cet engorgement des prisons est notamment lié au fonctionnement à deux vitesses du système judiciaire  .L’on a d’une part, la Police et la Gendarmerie qui procèdent à de nombreuses arrestations et, d’autre part, la Justice qui juge à un rythme très lent .Ceci donne lieu à de nombreuses détention provisoires abusivement longues. Cette situation a pour conséquence l’augmentation de l’effectif des prisonniers à environ 16441 prévenus et 11 541 détenus et pour une capacité d’accueil de 17 975 places. D’ou un taux d’occupation de 156%.

 Au 20novembre 2015 par exemple, en raison de la situation sécuritaire à l’Extrême-Nord, la prison centrale de Maroua a accueilli plus de 700 détenus, membres de Boko Haram. Avec une capacité d’accueil de 350 places, elle hébergeait 1 513 détenus.Il y a donc une surpopulation de 1 163 prisonniers, soit 432% de sa  capacité d’accueil.

Cet excédent de personnes détenues par rapport à la capacité des prisons fait ressortir la médiocrité des conditions de détention dans les prisons camerounaises.

Le non respect des règles d'hygiène et l'insalubrité montre à suffisance l'état de promiscuité qui règne dans des prisons il en ressort  d'un entretien avec  certains prisonniers qu'un paiement d'une somme de 2000f à titre de droit de local leur est exigé pour ceux qui veulent  pas dormir à même le sol. D’autres  en viennent à fabriquer eux mêmes leur lit 

s’agissant de l’exigence d’une stricte séparation entre les catégorie de  détenus, les articles 20 du décret n°92/052 du 27mars 1992 portant régime pénitentiel au Cameroun et 553 du code de procédure pénal prévoient qu’une séparation stricte doit être faite entre les prévenus ,condamné ,femme et les mineurs pour le cas des mineur le CCP en son articles 706(1) dispose que <<le mineur ne peut être détenu dans un établissement de rééducation ou dans un quartier spéciale d une prison agilité à accueillera les mineur>>

L’alinéa 2 précise que << a défaut d un établissement de rééducation ou de quartier speciale le mineur peut être détenu dans une prison pour majeurs, mais doit être séparé de ceux-ci>>.

Le budget  alloué au soit des détenus en 2015 s’élève à 157740000, soit environ 15fcfa/jour et 463fcfa/mois par détenu. Ce montant est largement insuffisant pour la prise en charge des détenus en général et pour un approvisionnement suffisant du plateau technique.

A titre d’illustration, la visite de la prison d’Akonolinga a permis à la commission national des droits de l’Homme et des libertés de  constater que cette prison est doté dune infirmerie sanitaire  de prise en charge mais elle est dépourvue de personnel qualifier et se révèle incapable de prendre en charge les problèmes sanitaire de l’ensemble des détenus. La CNDHL a par ailleurs relevé l’absence des médicaments essentiels à la pharmacie de l’infirmerie et les difficultés pour procéder à l’évacuation en cas de maladie grave. Certain détenu interrogé ont déclaré avoir versé une somme de 15000fcfa à titre de frais d’escorte dans ces cas.

La malnutrition criarde des détenus

La ration alimentaire des détenus ne tient pas compte des mesures qualitatives et quantitatives prévues par la loi. Malgré une modeste augmentation du budget d’alimentation des prisonniers par Gouvernement qui est passé de 231379900Fcfa en 2014 à 2745520000Fcfa en 2015 la qualité de la ration alimentaire demeure catastrophique dans les prisons .la malnutrition constitue l’une des causes principales de maladie et de mortalité dans les centres de détentions .les détenus n’ont droit qu’à un seul repas par jour constitué essentiellement de riz .

Il est important de prendre quelques cas comme celui des horribles confidences des victimes de racket et de torture recueillies dans  prisons visitées par la commission nationale des droits de l’homme et des libertés :

Mbakop Tondi : A près une tentative d’évasion, ce détenu déclare avoir été battu avec un gourdin pendant qu’il faisait le tour de l’enceinte de la prison en rampant. Couvert de sang nu, il dit avoir été trainé dans la rigole sous la pluie, puis conduit dans la cellule disciplinaire ou il a passé 52 jours. Le gardien de prison auteur de ces actes aurait continué à le brimé (suspension de visite, privation de médicaments), lui réclamant de l’argent pour être allé le capturer dans sa fuite .le détenu a présenté Des cicatrices et son auriculaire gauche cassé comme prevue, comme preuve de la torture subie

 

Garba Andre :

Le détenu allègue qu’il a fait l’objet de  traitements cruels inhumains ou dégradant pour n’avoir pas versé les frais de pétrole (2000fcfa), de mairie (2000fcfa) et de  rasage (500fcfa), exigés par les gardiens de prison aux détenus enchainé des pieds et des mains il aurait été accordé a une porte et battu à l’aide d’un vieux pneu .Outre les cicatrices présentées il a déclaré avoir le  sens de la vue considérablement ,réduit du fait de ces mauvais traitements.

Au regard du niveau de respect des droits fondamentaux des détenus resté médiocre au de l’année 2015 de nombreuses recommandations ont été formulées à l’instar de l’augmentation du budget de la prise en charge des prisonniers (hygiène et salubrité , alimentation et soins médicaux , notamment.)

Pour plus d'informations n'hésitez pas de nous contacter

Suzanne:moungou@ongola.  

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