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Discours de Paul BIYA le
27 février 2008
Notre pays est en train de
vivre des événements qui nous rappellent les mauvais souvenirs
d’une époque que nous croyons révolue. Si l’on peut comprendre
qu’après l’échec d’une négociation, une revendication
catégorielle s’exprime par l’exercice du droit de grève, il
n’est pas admissible que celui-ci serve de prétexte à un
déchaînement de violence à l’encontre des personnes et des
biens. D’ailleurs, la preuve est maintenant faite qu’il est
toujours possible de trouver une solution par la négociation à
tout conflit social.
Il ne s’agit pas de cela en
réalité. Ce qui est en cause, c’est l’exploitation, pour ne pas
dire l’instrumentalisation, qui a été faite de la grève des
transporteurs, à des fins politiques. Pour certains, qui
n’avaient d’ailleurs pas caché leurs intentions, l’objectif est
d’obtenir par la violence ce qu’ils n’ont pu obtenir par la voie
des urnes, c’est-à-dire par le fonctionnement normal de la
démocratie.
Ils
n’ont donc pas hésité à jeter dans la rue des bandes de jeunes
auxquels se sont mêlés des délinquants attirés par la
possibilité de pillages. On en voit le résultat : des bâtiments
publics détruits ou incendiés, des commerces et des entreprises
pillés ou dévastés. Qu’il s’agisse du patrimoine de l’Etat,
c’est-à-dire de notre bien commun, ou de locaux privés, ce sont
des années d’efforts ainsi réduits à néant.
Les apprentis sorciers qui dans l’ombre ont manipulé ces jeunes
ne se sont pas préoccupés du risque qu’ils leur faisaient courir
en les exposant à des affrontements avec les forces de l’ordre.
Plusieurs d’entre eux ont de ce fait perdu la vie, ce qu’on ne
peut évidemment que regretter.
Lorsque le bilan humain et
matériel de ces sombres journées pourra être fait, il sera
probablement très lourd. Ceux qui sont derrière ces
manipulations ne voulaient certainement pas le bien de notre
peuple. On ne bâtit pas un pays en multipliant les ruines.
Il faut donc que les choses soient bien claires. Le Cameroun est
un Etat de Droit et entend bien le rester. Il a des institutions
démocratiques qui fonctionnent normalement. C’est dans ce cadre
que sont traités les problèmes de la Nation. Ce n’est pas à la
rue d’en décider.
L’immense majorité de notre peuple aspire à la paix et à la
stabilité. Les dernières consultations électorales en ont
apporté la preuve. Les Camerounais savent que le désordre ne
peut apporter que malheur et misère. Nous ne le permettrons pas.
A Ceux qui ont pris la
responsabilité de manipuler des jeunes pour parvenir à leurs
fins, je dis que leurs tentatives sont vouées à l’échec. Tous
les moyens légaux dont dispose le Gouvernement seront mis en
œuvre pour que force reste à la loi. |