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Message du Président de la
République - Fin d'année 2004
Camerounaises, Camerounais, Mes Chers compatriotes,
Je vous disais l’an dernier à la même époque que 2004
serait une année importante pour le Cameroun.
Eh bien, elle l’a été et à divers titres.
D’abord, notre pays a continué de jouir d’une paix
et d’une stabilité enviables. Cela n’est jamais joué d’avance. Il suffit
de regarder autour de nous pour s’en convaincre. Laissons les
observateurs impartiaux décider à qui en revient le mérite. Pour ma
part, je dirais que c’est à vous, mes chers compatriotes, à votre bon
sens, à votre jugement que nous le devons pour une bonne part.
Vous avez su supporter les difficultés de la vie
quotidienne, dominer vos impatiences légitimes pour ne pas compromettre
l’avenir.
Au cours de l’année écoulée,
nous avons consolidé et perfectionné notre système démocratique. L’Assemblée
nationale a adopté les lois de décentralisation. Le rôle de
la Commission nationale des droits de l’homme et de
l’Observatoire national des élections a été renforcé. Lorsque nous
aurons mis sur pied le Sénat, prévu par notre Constitution, nous
toucherons presque au but.
Ainsi, lentement mais sûrement, nous sommes en
train d’acquérir cette fameuse culture démocratique qui est notre
objectif.
A cet égard, la récente élection présidentielle
nous a donné l’occasion de faire un test en vraie grandeur. Un test
réussi, me semble-t-il. A part quelques dysfonctionnements mineurs, le
scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions et pratiquement sans
incident. Ceci a été reconnu par la plupart des observateurs.
Une fois de plus, les Camerounais, toutes tendances
confondues, ont administré la preuve de leur maturité. Il nous restera à
l’avenir — mais c’est surtout l’affaire des partis politiques — à faire
progresser la participation électorale pour élargir la base de notre
système démocratique.
Au plan économique et financier, globalement, 2004
n’a pas été une mauvaise année. Notre taux de croissance s’est maintenu
autour de 5 %, l’inflation a été contenue entre 1 et 2 %, les déficits
limités à des niveaux très raisonnables. L’exécution de notre programme
triennal s’est poursuivie dans des conditions assez satisfaisantes. La
hausse des cours du pétrole et la bonne tenue de ceux de nos produits de
base ont eu un effet favorable sur notre balance commerciale, néanmoins
freiné par les fluctuations à la baisse du dollar.
En revanche — il faut le reconnaître — nous avons
connu quelques déceptions en ce qui concerne les dérapages budgétaires,
l’insuffisance des décaissements de fonds disponibles et la lenteur de
la mise en œuvre de nos réformes structurelles.
Toutefois, des avancées significatives ont pu être
enregistrées l’an dernier dans les domaines de la santé et de
l’éducation. Outre l’ouverture de nombreux centres de santé et les
facilités apportées aux formations hospitalières, il convient de
signaler les actions vigoureuses menées dans le cadre de la lutte contre
le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Rappelons en particulier la
baisse du coût des traitements de ces maladies et même la gratuité pour
la tuberculose.
Pour ce qui est de l’éducation, des résultats
notables ont été obtenus, qu’il s’agisse de la construction de salles de
classe, de la distribution de fournitures scolaires ou du recrutement de
personnels enseignants.
Divers travaux d’infrastructures, notamment
routiers, ont également été réalisés au cours des douze derniers mois.
Ils concourent à l’amélioration des conditions de vie de nos
populations, ce qui est, comme vous le savez, l’une de mes priorités.
Dans cet ordre d'idées , il nous reste néanmoins
beaucoup à faire:
En premier lieu, faire baisser le chômage qui,
malgré nos efforts, reste toujours aussi préoccupant. J’y reviendrai
tout à l’heure.
En second lieu, améliorer l’accès à l’eau et
l’électricité qui demeure très insuffisant. L’eau dit-on, c’est la vie.
C’est effectivement l’eau potable qui manque le plus dans nos campagnes
et certains quartiers de nos grandes villes. Quant à l’électricité,
c’est non seulement le confort de la vie quotidienne mais c’est aussi la
condition de l’essor de notre industrie. Sur ces deux plans, nous avons
pris beaucoup de retard, un retard qu’il va falloir rattraper à tout
prix.
Troisièmement, nous allons devoir remédier à la
pénurie de logements. Trop nombreux en effet sont ceux qui sont mal
logés ou qui ne peuvent trouver de logements décents. De grands efforts
seront nécessaires pour redresser cette situation.
Mes chers compatriotes,
Au cours des dernières années, nous nous sommes
efforcés, après les années de crise, de regagner le terrain perdu et de
remettre les choses en ordre. Il nous faut maintenant voir au-delà de
notre horizon immédiat et viser des objectifs plus élevés et plus
lointains.
C’est la raison pour laquelle j’ai placé ce nouveau
septennat sous le signe des "grandes ambitions pour le Cameroun". Je
voudrais que vous sachiez que ce n’est pas là un simple slogan mais
l’expression d’une forte volonté politique d’aller de l’avant.
Dans la pratique, de quoi s’agit-il?
Cela signifie que nous allons continuer d’avancer
résolument dans la voie du progrès démocratique. En améliorant le
fonctionnement de notre système, en associant mieux nos populations à la
vie publique, en assurant le respect des droits de l’homme, en défendant
l’intérêt général, notamment en luttant contre la fraude et la
corruption.
Cela signifie aussi que nous allons nous efforcer
de faire passer notre économie à un niveau supérieur de performance,
autrement dit de procéder à une véritable mutation de ce secteur.
Dans l’urgence, il sera
nécessaire de corriger les dérapages constatés au niveau des finances
publiques, d’accélérer nos réformes structurelles et de stimuler la
consommation des fonds mis à notre disposition. Nous pouvons en attendre
un versement régulier des salaires et pensions, l’apurement progressif
de la dette intérieure et le renflouement de
la Caisse d’épargne postale. Parallèlement, la négociation avec les
institutions de Bretton Woods devra être menée activement pour nous
remettre dès que possible sur la voie du point d’achèvement de
l’initiative PPTE.
Sans perdre de temps, il nous faudra définir avec
précision le contenu des grandes politiques, agricole, industrielle,
énergétique, touristique, sur lesquelles j’ai déjà eu, à maintes
reprises, l’occasion de m’exprimer. De même, un vaste programme de
développement de nos infrastructures devra être élaboré en vue de sa
réalisation au cours du septennat.
J’attends beaucoup de la mise en œuvre de ces
politiques pour la relance de notre croissance et d’une façon générale
pour la mobilisation des énergies dans tous les secteurs.
Il est permis d’en espérer des perspectives
d’activité favorables pour nos agriculteurs, nos PME/PMI, et pour nos
sociétés industrielles et commerciales, avec comme conséquence
prévisible un recul du chômage. Car il est incontestable que seule une
augmentation de la croissance sera en mesure de faire progresser
l’emploi.
Ce renouveau de notre
économie ne pourra s’accomplir qu’à travers un partenariat étroit et
confiant avec le secteur privé, ce qui suppose entre celui-ci et
l’administration une concertation permanente. notre Charte des
Investissements devrait permettre de créer les conditions les plus
favorables pour les sociétés nationales ou étrangères disposées à
investir dans notre pays. Dans un tel contexte,
la SNI est qualifiée pour jouer un rôle essentiel.
Lutte contre la criminalité
J’ai dit plus haut tout le prix que j’attache à
l’amélioration des conditions de vie de la population et d’une façon
plus générale au progrès social.
Il va de soi que les efforts en cours seront
poursuivis au bénéfice de la santé publique et de l’éducation.
S’agissant de cette dernière, l’accent devra être mis sur la
professionnalisation dans la perspective d’un accès à l’emploi.
L’accès à l’eau, à l’électricité, au logement — Je
le répète — fera l’objet de la part des Ministères concernés d’actions
énergiques. Je serai moi-même attentif aux progrès accomplis.
Je me félicitais en commençant que notre pays
connaisse la paix et la stabilité sans lesquelles toute initiative
serait vaine.
Je puis vous assurer que rien ne sera négligé pour
que nous continuions à vivre et travailler en paix et dans la sécurité.
La réforme de nos forces armées qui est entrée en vigueur, sera de ce
point de vue un atout précieux.
D’autre part, tout en veillant jalousement au
respect de notre souveraineté et de notre intégrité territoriales, nous
maintiendrons, avec patience et vigilance, le cap de notre politique de
bon voisinage qui repose sur le respect du droit international et la
volonté d’entretenir des relations d’amitié et de coopération avec nos
partenaires les plus proches.
Quant à la sécurité de nos villes et de nos
campagnes, nous ne relâcherons pas notre garde. Nous donnerons une
nouvelle impulsion à la lutte contre la criminalité, grande ou petite,
en affectant aux forces de maintien de l’ordre les moyens nécessaires.
Camerounaises, Camerounais,
Mes chers compatriotes,
J’ai bien conscience que les objectifs élevés que
j’ai fixés ne seront pas faciles à atteindre. De toute évidence, la
tâche ainsi définie exigera des efforts importants et de longue haleine.
C’est pourquoi, pour la mener à bien, J’ai formé un
gouvernement dont la structure a été adaptée aux défis des "grandes
ambitions".
Je veux croire que ceux qui ont été désignés pour
remplir cette mission auront à cœur de s’en acquitter en donnant toute
la mesure de leurs compétences et de leur détermination. Je vous demande
de les soutenir afin que nous puissions ensemble, construire ce bel
avenir dont notre pays est digne.
Dans cet espoir, J’ai le
plaisir de vous présenter à toutes et à tous mes vœux les plus sincères
de santé et de bonheur pour
la Nouvelle Année.
Avant de clore ce message traditionnel, Je voudrais
exprimer toute la compassion du peuple camerounais et la mienne propre
pour les innombrables victimes du séisme qui vient de se produire dans
l’Océan Indien, et adresser aux pays concernés par cette catastrophe
ainsi qu’à leurs ressortissants nos plus sincères condoléances.
Mes chers compatriotes
Bonne et heureuse année 2005!
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