La 11e Conférence économique africaine (CEA) a pris fin ce 7 décembre à Abuja, au Nigeria, après 3 jours d’intenses débats autour de l’agro-industrialisation en Afrique. Plus de 300 participants ont répondu présent, ainsi que d’éminents orateurs comme Eric Maskin, professeur d’économie à Harvard et co-Nobel 2007, Zhang Xiaobo, professeur d’économie et directeur de recherche à l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires, Chris Barrett, professeur d’économie appliquée à l’Université Cornell, et Paul Amaza, professeur de médecine à l’Université de Jos, au Nigeria. La 12e Conférence de la CEA se tiendra à Addis-Abeba, en Éthiopie, en décembre 2017.

La Conférence économique africaine 2016 avait pour  thème « Nourrir l’Afrique: vers une agro-industrialisation pour une croissance inclusive ». Le thème de cette conférence faisait pleinement écho au programme de développement international et africain. L’élimination de la pauvreté, ainsi que la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire correspondent, respectivement, aux deux premiers Objectifs de Développement Durable (ODD) que les Etats membres des Nations Unies ont adoptés en septembre 2015. Le Programme 2063 de l’Union Africaine reprend également ces engagements en reconnaissant à chaque Africain le droit d’être bien nourri, en bonne santé et de pouvoir mener une vie productive. Le Programme de développement de l'agriculture africaine (PDDAA) ainsi que la déclaration de Malabo de juin 2014 stipulent, en outre, que pour optimiser la croissance et éradiquer la pauvreté, l’Afrique doit réaliser la transformation structurelle de son secteur agricole. L’agriculture et l’industrialisation sont également au cœur du programme de travail de la Banque africaine de développement (BAD), de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), de leur vision et de leur stratégie à long terme pour une Afrique prospère et inclusive.

Les défis et les opportunités du thème

En dépit de la croissance macroéconomique globale et de l’amélioration de la gouvernance sur le continent, l’Afrique continue d’enregistrer les taux de pauvreté et de famine les plus élevés au monde. Sur un total d’environ 795 millions de personnes qui souffrent de sous-nutrition chronique à l’échelle internationale, 230 millions d’entre eux vivent en Afrique. Le continent enregistre la prévalence de la sous-alimentation la plus élevée dans le monde, à environ 20 %. En raison des mauvaises méthodes de conservation et des pertes après la récolte, les pénuries alimentaires existent même dans les régions fertiles du continent à certaines périodes de l’année. En Afrique sub-Saharienne, les pertes agricoles représentent jusqu’à 150 kg par personne chaque année et, selon le produit cultivé, 15% à 35% de la production est perdue avant même qu’elle ne quitte le champ.

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