NTABA détruit, jamais reconstruit 9 ans plus tard...

C’était par abus de langage que l’on donnait à Ntaba le nom de quartier. Ntaba était un bidonville au sens premier du terme, une partie défavorisée de la ville caractérisée par des logements très insalubres, une grande pauvreté et sans aucun droit ou sécurité foncière selon la définition du Programme des Nations unies pour les établissements humains. Ntaba était tout cela. Bâti le long de la rivière qui lui a donné son nom, Nataba avait été bâti progressivement et de manière anarchique dans une zone marécageuse sans aucun respect des règles d’urbanisme au début du siècle dernier. Les premiers habitants de cet espace étaient les autochtones puis les ouvriers qui travaillaient dans une briqueterie qui y était installée. Ntaba était par essence un domaine réservé aux pauvres, aux démunis. L’insalubrité, la promiscuité, la précarité et l’insécurité y avaient dressé leurs lits. Les habitants d’ici avaient réussi à s’accommoder des eaux qui stagnent, des odeurs nauséabondes, des moustiques, des rats… Malgré cela Ntaba n’abritait pas moins de 5 000 âmes vivant dans des conditions tout à fait inhumaines. Des hommes et des femmes y avaient passé toutes leurs vies au vu et au su de tous. Puis un matin, les engins de la communauté urbaine de Yaoundé ont été lâchés et ont rasé tout cet univers. 5000 âmes, des enfants, des femmes enceintes, des chefs de famille dans le désarroi, se sont retrouvés jetés dans la rue sans aucun recours. Le motif du déguerpissement se résumait à peu de choses : l’embellissement de la ville. Evident pour les dirigeants de la communauté urbaine mais amer pour les familles en détresse, l’opération Ntaba aura été une désolation aux yeux des observateurs. Aucune mesure d’accompagnement n’avait été prévue. Plusieurs familles se sont retrouvées à la belle étoile, dans les églises, les écoles… Et puis, plus rien ! Les engins de la communauté urbaine se sont tus et ont été évacués. Et plus rien, le projet d’embellissement reste toujours attendu. On attend, cela fait neuf bonnes années. Retour à la case départ ; La zone marécageuse de Ntaba jadis réputée de servir d’abris aux brigands est plus que jamais aujourd’hui un refuge de bandits qui profitent de la broussaille pour se cacher après coup.

Inadmissible à un jet de pierre du Palais d’Etoudi. Au moment où on parle de la CAN 2019, c’est l’occasion idoine pour mettre en valeur ce projet.

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