Mémorial Jean Zoa – Mvolyé Yaoundé

La mise en place de ce mémorial est une initiative de Mgr Jean Mbarga, Archevêque de Yaoundé. Elle vise à garder en mémoire ceux qui ont marqué positivement la vie de l'église locale, à l'instar de Mgr Jean Zoa, lui qui a été le premier évêque noir de l'archidiocèse de Yaoundé.

Le mémorial dans sa structure est entre autres composé d'une statue de Mgr Jean Zoa, de deux pointes d'ivoire, symboles d'autorité, le tout incrustré dans un rocher, magnifiant la solidité spirituelle. Ce mémorial sera consacré au recueillement, à la méditation et aux prières, tout comme il servira de lieu de tourisme religieux.

Qui était Mon Seigneur Jean Zoa ?

Archevêque de Yaoundé, la capitale camerounaise, depuis 1961, Mgr Jean Zoa est décédé le 20 mars 1998, des suites d’une crise cardiaque alors qu'il célébrait dans sa cathédrale une messe à la mémoire de son confrère, l'ancien évêque de Mbalmayo.

Né en 1924, ordonné prêtre en 1950, Mgr Jean Zoa est devenu, en 1961, le premier archevêque noir d'Afrique francophone. Appartenant à la première génération des évêques africains, ceux qui ont accompagné l'après-décolonisation.

Il a été la cheville ouvrière dans l’organisation de la première visite d’un pape au Cameroun. Il s’est engagé pleinement pour la création de l’Université catholique d’Afrique centrale. C’est également lui, le concepteur et le premier bâtisseur de la Basilique Marie-Reine des Apôtres de Mvolyé.

Mgr Jean Zoa a développé dans son magistère une notion authentiquement biblique de l'homme, en refusant toute tentative manichéenne ou idéologisée de compréhension de l'homme. Bibliste de formation, il savait que «dans l'idée de Dieu, le rôle de l'homme sera un rôle éminemment actif. Ainsi l'homme est irrévocablement condamné au progrès, s'il ne veut pas abdiquer. Il avait compris «la nécessité de revaloriser le rôle de l'homme dans sa dimension de gérant du monde à humaniser et de constructeur de la cité». C'est pourquoi il a mis un accent particulier sur l'apostolat des laïcs. Car, à ses yeux, les laïcs sont coresponsables à la fois de la croissance de l'Église comme peuple de Dieu et du développement de leur propre pays, comme membres de la cité terrestre».

Trois grandes dimensions résument sa vie et son œuvre :

  • Tout d’abord la pensée théologique : dans l’option de la relation entre le mystère de l’incarnation et la promotion humaine. Mgr Zoa montrait alors que Dieu qui s’incarne, nous transforme et nous illumine. Nous pensons à sa lutte acharnée contre l’absence d’eau potable, à travers le projet « l’eau c’est la vie ». Il décriait à ce niveau, le proverbe qui dit que «le noir ne meurt pas de saleté ».
  • Deuxième dimension : c’est la formation des jeunes. Mgr Jean Zoa a contribué à la création du Collège Sainte Thérèse de Mva’a, le centre de formation des jeunes filles d’Okola, la création du collège Bullier avec les frères maristes, le collège Jean XXIII d’Efok, le collège Stinzi créé par les Sœurs de Saint Paul de Chartres à sa demande. C’était un passionné du développement intégral de l’homme.
  • L’aspect de la promotion humaine est la troisième dimension. l’Archevêque était parvenu à déterminer les deux critères spécifiques pour la promotion humaine à savoir la rationalité et la solidarité.

Pour parler de certaines  de ses réalisations, le Collège Agricole Bullier,  est un institut novateur et futuriste créé en 1963, qui est venu anticiper un problème réel, celui de la formation professionnalisante de la jeunesse. De fait, en identifiant l’agriculture comme levier de Développement incontournable pour notre pays, il paraissait nécessaire d’outiller les populations, afin de passer d’une agriculture de rente à une agriculture de seconde génération.

Etant donné que L’archevêque percevait avec clarté la place essentielle des laïcs dans la lutte pour le développement, il a créé le Centre Rural d’Appui Technique (CRAT) à Sa’a (l’actuel site de l’Institut Supérieur des Sciences Agronomiques de l’Environnement et de l’Entreprenariat Rural « ISSAER »). Cette structure aura en charge d’accompagner les paysans dans le combat contre la misère.

Pour sa famille, il s’est donné entièrement à l’Eglise. De sorte qu’il ne cessait de répéter qu’il n’appartient pas à la famille mais à tout le monde. Il n’était pas un partisan de l’individualisme. C’est ainsi que, lorsqu’on sollicitait une aide de sa part il fallait aller en groupe et cela devait intéresser le développement.

Voici quelques enseignements qu’il nous a légués :

  • Le bonheur du chrétien consiste à partager. Or pour partager il faut avoir ; pour avoir, il faut produire abondamment ; pour produire abondamment, il faut travailler rationnellement ; pour travailler rationnellement, il faut s’organiser solidairement »

Homélie de Noel 1995.

 

 

Commandements de l’argent)

1- Oyeme sye moni : (Savoir travailler l’argent)

2- Oyeme lan mon woe : (Savoir compter ton argent)

3- Oyeme tag meyanan moe obele : (Savoir hiérarchiser ses besoins)

4- Oyeme vegan meyanan moe ai tan moni woe : (Savoir ajuster ses besoins à l’argent disponible)

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