Depuis quelques jours, la pression montait entre la police de Tsimi Evouna comme l’appellent les Yaoundéens et les usagers. Après l’incident de vendredi 08 Février 2019 au marché central où les vendeurs à la sauvette se sont affrontés avec cette police, l’incident d’aujourd’hui à Elig Edzoa est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Suite à un contrôle, les policiers municipaux ont saisi la moto d’un jeune homme et après de violentes discussions, une bagarre a éclaté. Le jeune homme a été déclaré mort et par solidarité de corps, des dizaines de « motoman » venant de tous les coins de la ville se sont dirigés vers la Mairie de Yaoundé 1er pour réclamer que justice soit faite. L’intervention de la Police républicaine et l’annonce du non décès du motard ont permis de calmer les esprits et de ramener le calme.

Alertées, les autorités administratives par la voix du Préfet du Mfoundi ont suspendu pour une durée de 30 jours les activités de la Police municipale de la Communauté urbaine de Yaoundé et des 7 Mairies d’Arrondissement de Yaoundé, le temps de voir plus clair dans l’activité de ce corps.

La police municipale aurait été créée pour combattre le désordre urbain mais l’absence d’encadrement  aujourd’hui, semble créer plutôt du désordre. C’est le lieu de se poser un certain nombre de questions sur les textes juridiques à l’origine de ce corps.

Quels sont les textes de loi qui autorisent le métier de police municipale au Cameroun ?

Quels sont les critères de sélection et de recrutement des policiers municipaux ?

Existe-t-il une enquête de moralité nécessaire pour tout recrutement dans ce corps ?

Quelles sont les missions précises et les prérogatives de cette police ?

Existe-t-il des voies de recours pour les usagers qui estiment être victimes d’abus ?

Quelle est la procédure à suivre pour rentrer en possession de sa marchandise ou ses biens saisis ?

En suivant de près ces policiers dans l’exercice de leurs fonctions, on est prêt à conclure que c’est une véritable jungle où il n’existe aucune loi. La plupart des agents sont d’une moralité douteuse. Les dossiers sont gérés sur place si le fautif « parle bien » ; les seuls dossiers transmis à la mairie sont ceux dont les propriétaires n’ont pas « coopéré ». La gestion des dossiers à la fourrière est une véritable catastrophe…

Il y a donc urgence et l’autorité administrative et le législateur doivent mettre de l’ordre dans ce milieu où on note encore un amateurisme certain. 30 jours seront-ils suffisants ?

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