C’est la désolation totale en cette période de rentrées scolaires pour les populations de Ntui dans le département du Mbam et Kim. Cette ville est coupée du reste du pays depuis le 1er septembre  2019 en cette période de retour des vacances pour la plupart des écoliers.

En effet, le bac qui permet la traversée du fleuve Sanaga au lieu-dit Nachtigal est en panne depuis les premières heures de cette journée du dimanche 1er septembre.

Rappelons qu’à cause du mauvais état de la route Sa’a-Ntui, toutes les voitures à l’exception des gros porteurs, empruntent la route Obala-Ntui et utilisent donc ce bac pour la traversée de la Sanaga.

Suite à ce sinistre, les populations se sont immédiatement organisées pour assurer le transport des personnes et des marchandises. C’est ainsi que des pirogues à moteurs et à pagaies ont commencé à assurer cette navette.

Tout allait bien malgré la longue file d’attente jusqu’à ce que l’autorité administrative n’arrive sur le site du sinistre et ne décide unilatéralement de l’interdiction de ce moyen de transport pourtant utilisé tous les jours en temps normal par ceux qui ne veulent pas attendre le bac.

Malgré quelques tentatives de médiations des populations sinistrées, le représentant de l’Etat du Cameroun n’a voulu entendre aucune des doléances et a même ordonné l’arrestation sur le champ de deux piroguiers qui continuaient à vaguer à leurs occupations. Malgré cette intransigeance, la rigueur du chef de terre n’a pas vu les « fils de… » qui empruntaient la pirogue au même moment  où il interdisait à « monsieur tout le monde » de le faire.

La panique et le désarroi se sont installés ; les populations les plus courageuses ont décidé d’affronter la route de Sa’a qui est non seulement plus longue mais aussi et surtout en piteux état, mais, pour la majorité il faut attendre la remise en état du bac qui est hypothétique. L'agence de voyage National a suspendu ses voyages; Solidarité voyages enrégistre trois cars en panne à cause du mauvais état de la route pour la seule journée de dimanche. Le poisson parvient aux commerçants en état de décomposition; les distributeurs de pains recoivent leur marchandise expédiée dès les premières heures en fin de journée.

La colère des sinistrés est grande ; un doigt accusateur est pointé sur l’autorité administrative censée gérer en bon père de famille le bien de l’Etat à lui confié par le Président de la république pour l’intérêt collectif. Il n’aurait pas consulté ses collègues des autres administrations ni dialogué avec les populations sinistrées et autochtones.

Peut-être que notre élite administrative devrait aussi apprendre que pour mieux commander, il faut surtout écouter et savoir intégrer la notion d’intérêt général surtout en cette période où il faut éviter toute étincelle inutile…

 

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