Avec les dernières déclarations du responsable Afrique de l’administration américaine, Tibor Nagy, sur la crise NOSO dite anglophone, l’on peut légitimement s’interroger sur l’origine de celle-ci, sur les objectifs, les motivations des acteurs, leurs soutiens et finalement sur les moyens mis en œuvre pour la résoudre.

En effet chaque jour nous révèle de nouveaux épisodes.

Longtemps ils ont réclamé un dialogue inclusif sans préconditions mais curieusement lorsque le Président de la République a annoncé un Grand Dialogue National, les mêmes ont argué, seul le débat bref le sujet sur la crise dite anglophone devrait être au centre de l’agenda, qu’il devait y avoir un médiateur neutre, de préférence de nationalité étrangère, en somme des préconditions qu’ils récusaient au départ.

Des recommandations fortes ont été faites à l’issue de ce GDN notamment celle d’un statut spécial pour ces 2 régions du NOSO dans le cadre d’un État unitaire comme l’a encore réaffirmé le Président Paul Biya, lors de l’échange qu’il a eu avec le milliardaire Mo Ibrahim, pendant la conférence pour la Paix de Paris.

Au moment même où les personnalités, notamment les membres du clergé catholique de ces 2 régions, qui, au début de la crise, étaient les plus critiques à l’égard de la gestion gouvernementale de ce problème, ont entamé une campagne de sensibilisation des populations, des élites, des camerounais ayant pris des armes contre la République, sur les recommandations du GDN, comment comprendre que Tibor Nagy puisse appeler à « un vrai dialogue » ?

Le GDN était-il un faux dialogue car le format, les préconditions n’étaient pas ceux que l’Amérique préconisait?

« Il doit y avoir un vrai dialogue. Il doit y avoir un transfert de pouvoir vers la région »

L’heure ne semble plus aux formules diplomatiques mais aux masques qui tombent peu à peu laissant transparaître l’échec d’un plan préparé de longue date par un travail de sape de diplomates et ONG dans ces régions.

Il faudra rapidement se pencher sur les visites régulières de diplomates occidentaux et rencontres entre citoyens de tous âges, de toutes catégories sociales, de tout statut avec ces derniers, sous différents prétextes.

Pourquoi les diplomates d’autres pays accrédités à Yaoundé (je pense à ceux de la Russie, de la Chine etc…) ne visitent-ils pas toutes les régions de notre pays, ne rencontrent-ils pas autant de Camerounais ? Cette pratique est-elle réciproque pour nos diplomates accrédités dans leurs pays?

Ne soyons pas naïfs. Il s’agit plus ou moins d’actions d’influence qui plus est, s’accompagnent de subventions aux projets individuels et/ou collectifs. Je laisse à ceux qui ont la compétence dans ce domaine d’apprécier ce qui a été fait, depuis longtemps dans ces 2 régions et dans les autres parties du pays.

A l’analyse des propos récurrents tantôt de Tibor Nagy que de l’ambassadeur US à Yaoundé Henri Balerin (Révélations sur un entretien entre le PRC et lui, remise d’un portrait du Président avec Georges Bush), cessons de réagir avec émotion mais anticipons sur leurs actes, avec la froideur qui convient. Soyons proactifs notamment au niveau de la diplomatie et communicationnel (MINCOM + DÉFENSE). Dans ce dernier cas, en invitant des pools de journalistes nationaux et étrangers comme nous le fîmes dans le cadre de la lutte contre Boko Haram.

De quel transfert de pouvoir à ces régions parle-t-il?

N’est-il pas en train de vouloir un statut spécial qui ne serait qu’un statut d’État sécessionniste, vidant notre État unitaire de sa substance?

Vraisemblablement, ce statut spécial a pris de court ces parrains qui ne se cachent plus et n’hésitent plus à user de menaces à peine voilée voire de chantage pour obtenir ce qu’ils n’ont pas eu par le terrain.

Ne nous voilons pas la face. Cette guerre imposée par ceux qui ont pris les armes contre la République et qui a assez duré, causant de nombreuses pertes en vie humaine (soldats et civils), en biens, déstructurant l’économie de ces 2 régions, pénalisant la croissance de l’économie nationale, est devenue impopulaire au sein des populations.

Les commanditaires résidant à l’étranger et notamment aux USA (bravant leurs propres lois contre le terrorisme et son financement en toute impunité), sont de plus en plus désavoués par leurs fidèles d’antan sur le terrain. Certains d’entre eux ont rejoint les centres de DDR. D’autres ont pris le chemin de la délinquance (Kidnapping avec rançon, assassinats) mais font face aux mesures coercitives des forces de défense et des comités de vigilance travaillant en synergie avec les FDS.

Éreintées par ces 3 années de guerre, de désordre, les populations commencent à braver les mots d’ordre de villes mortes. L’école a repris. Au départ timidement mais force est de reconnaître que la vie reprend peu à peu dans ces 2 régions. Charge aux autorités de consolider ces avancées.

« la vérité, ce qu’il n’y aura pas de victoire militaire » au conflit qui opposent les indépendantistes anglophones à l’armée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun » ajoutant que les conseillers du Président lui font miroiter une solution par la force à la crise anglophone.

« La violence a augmenté dans deux régions anglophones, qui ont un passé colonial distinct, où les activistes ont protesté contre ce qu'ils considèrent être une atteinte à la nation majoritairement francophone.

Un conflit séparé a éclaté dans l'extrême nord du Cameroun, avec les militants du groupe extrémiste Boko Haram. »

Curieux amalgame entre les 2 conflits. Lapsus révélateur d'une implication dans les 2 crises? L'histoire y répondra.

On se croirait dans la crise syrienne toute proportion gardée.

Convaincus au départ que le pouvoir d’Assad succomberait sous les coups de boutoir des forces rebelles qu’ils soutenaient, ils avaient même refusé la présence du Président syrien comme acteur dans le cadre d’un éventuel dialogue.

Il a fallu la résistance des forces loyalistes et du peuple syrien pour vaincre ces forces soutenues par les pays occidentaux. Nous connaissons la suite et la fin.

Poursuivant dans la même veine, il précise pour mieux se faire comprendre « chaque jour, davantage de camerounais, qui étaient probablement au départ des camerounais très loyalistes, commencent à se dire que la sécession est peut-être la bonne solution » tout en insistant sur la nécessité d’annoncer  « quelque chose qui ait suffisamment d’intérêt pour ceux qui sont encore dans le camp des modérés ».

Autrement dit si vous ne cédez pas, même les modérés basculeraient dans le camp des radicaux de la sécession.

Ont-ils fait un recensement des radicaux et des modérés pourrait-on se demander?

Assez fort de café pour ce représentant de l’oncle Sam.

Non Mr Tibor Nagy, votre supposée empathie et celui de votre pays, pour le NOSO, cache d’autres desseins porteurs de germes destructeurs pour le Cameroun mais bénéfiques pour les intérêts partisans.

L’Irak, la Syrie, la Libye, l’Ukraine, la RDC et le Soudan doivent davantage parler aux Camerounais qui se laissent influencer par ces discours, confondant leur pays en tant qu’entité et un pouvoir qu’ils combattent.

La frontière entre les patriotes et ceux qui sont ou risquent d’être dans la cinquième colonne n’est pas étanche.

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