Un spectacle désolant s’offre à vous sur la route nationale numéro 3 (Axe lourd Douala -Yaoundé) à la sortie de la ville de Yaoundé lieu-dit Premier échangeur.  Une épaisse couche de bouteilles en plastique s’étend à perte de vue comme un nuage de crickets migrateurs. En fait, c’est le célèbre cours d’eau qui traverse la capitale camerounaise se trouve noyé sous cet amas de bouteilles.

Ce phénomène existe à cet endroit et à d’autres à travers la République depuis que les producteurs des boissons gazeuses et autres jus de fruits ont pris l’option d’utiliser les bouteilles en plastique pour conditionner leurs produits.  Il est plus apparent aujourd’hui depuis que les berges du Mfoundi ont été dégagées pour les travaux d’aménagement de son lit. Toutes les bouteilles en plastique utilisées en amont et jetées dans l’eau viennent s’agglutiner ici en raison de l’étroitesse du passage des eaux. Combien de bouteilles vides en plastique ayant servi au conditionnement des jus, des huiles, des yaourts sont déversées dans les eaux du Mfoundi ?

Les terrassements réalisés en vue de la construction de l’ouvrage sur le Mfoundi donnent froid au dos. Des collines des bouteilles en plastique à n’en point finir. Les engins ont dû forer et devront davantage forer à des profondeurs incroyables pour enlever des strates de bouteilles d’huile de jus, de yaourt en plastique afin de  retrouver la terre ferme. C’est vraiment dommage quand on sait que ces déchets qui inondent nos marchés, nos poubelles et nos marécages seront toujours intacts sous nos terres  dans 100 ans, 200 ans. Dommage pour notre agriculture. Dommage pour les générations à venir. Adieu le développement durable.

On s’étonne du silence des autorités en charge de l’environnement. Le Chef de l’Etat a appelé cette chose l’inertie. Cette forme d’indolence à prendre les bonnes décisions au bon moment est un énorme frein à l’émergence. De quoi s’agit-il ? Que se passe-t-il depuis que l’on parle d’interdire les plastique au Cameroun ? il existe bel et bien des bouteilles à emporter biodégradables.

On est cependant surpris de l'énergie avec laquelle le Ministère de l'environnement sévit dans nos différents marchés pour combattre les petits vendeurs de plastiques; véritable contraste avec l'inertie ci-dessus décriée.

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